« POURQUOI NOUS AVONS CRÉÉ L’UGN », ABOU GBANÉ

Le grand nord Politique

Près de deux ans après sa création, l’Union fraternelle des cadres du Grand Nord tente de faire son chemin. Dans cette interview réalisée le 10 juillet 2023, son président, Abou Gbané tente de justifier la pertinence de la création de cette structure, non sans dressé un bilan à mi-parcours de l’organisation.

Était-il vraiment nécessaire de créer l’UGN, Union fraternelle des cadres et des Élus pour le développement du Grand Nord dans un contexte de construction nationale ?

Justement, c’est dans cet élan de consolidation de la nation ivoirienne que la naissance de l’UGN trouve sa pertinence. Vous savez que les 11 régions qui constituent le Grand Nord n’ont pas seulement une ethnie, encore moins une seule religion. Il serait donc difficile de nous reprocher une approche de repli identitaire, obstacle à la consolidation de la nation.La lutte contre la pauvreté et le sous-développement doit être soutenu et appuyé par les populations, les cadres et élus.

Notre seul ennemi, c’est le sous-développement. Tout le monde sait que les 11 régions du Nord accumulent un grand retard sans équivoque. Et ce n’est pas quelque chose de nouveau. Cela remonte à la politique coloniale. Le Président Félix Houphouët-Boigny au terne d’une visite de 1974 en avait lui-même pris conscience. C’est après cette visite qu’il s’est engagé dans une politique de   rééquilibrage avec la création de plusieurs structures de développement. Aujourd’hui le Président de la République SEM Alassane Ouattara et son gouvernement font beaucoup. Nous voulons l’accompagner. A travers l’UNG, nous allons contribuer en tant que fils de ces régions à ce processus de rééquilibrage du développement de notre pays. C’est plutôt action qui est à l’avantage de toute la Côte d’Ivoire.

D’aucuns invoquent une concrétisation de la Charte du Nord, du nom de ce document ou tract qui a fait grand bruit au début des années 1990 et qui prônait ‘‘un grand nord uni’’. Peut-être ont-ils raison ?

Sortons de ces vielles polémiques. La Côte d’Ivoire a trop souffert de ces grandes crises et nous devons, loin de ressasser ce passé douloureux, en tirer les leçons. L’UGN n’est pas la seule organisation régionale en Côte d’Ivoire. Il y en a un peu partout. Au centre, à l’Ouest et je ne sais ou encore.

Près d’un an et demi après sa création pouvez-vous dresser un bilan de l’UGN ?

Nous sommes dans la bonne dynamique. Après notre élection pour conduire cette mission, nous avons d’abord procédé à la mise en place du Bureau national. 

Nous sommes en train d’installer les bureaux des sections régionales de l’UGN d’abord dans les 11 régions, nous sommes à l’heure actuelle à l’installation de 6/11 régions. Je voudrais rappeler que nous aurons un bureau dans chacune des 20 autres régions de notre Pays et également 02 bureaux hors de la CI (en Europe et aux USA) si le temps nous le permet. Pour l’instant nous comptons terminer l’installation des 5 bureaux de sections régionales restantes d’ici la fin de cette année s’il plaît à Dieu. 

Mais parallèlement, nous sommes au laboratoire. Nous poursuivons la réflexion et les recherches. Nous sommes conscients des défis qui nous attendent. C’est pourquoi, nous avançons surement.  

Le PCO de l’UGN, Gilbert Kafana Koné débout, entouré du président Abou Gbané ( à gauche) et de Diakité Coty ( à droite).

On ne vous voit pas suffisamment sur le terrain du développement comme vous l’avez annoncé. Au point où cela donne le sentiment l’UGN peine à décoller. Qu’est-ce qui ne marche pas ?

Et pourtant nous sommes sur le terrain. Peut-être que nous ne faisons pas suffisamment de bruit. Je puis vous assurer que nous avons déjà décollé le jour même de la constitution de l’Union fraternelle des cadres du Grand Nord.

Où en êtes-vous avec l’installation des structures locales à travers les différentes régions ?

Nous avons déjà installé les bureaux régionaux du Folon, du Béré, de la Bagoué, du Bounkani, du Gountougo et du Hambol. Le travail se poursuit. Nous comptons finir avec cette étape d’installation sections dans les 11 régions du Grand Nord d’ici la fin de l’année. Certes toutes ces régions ont globalement le même problème en ce qui concerne le retard en matière de développement, mais il n’en demeure pas moins vrai que chacune de ces régions à sa spécificité.

L’un des défis aujourd’hui c’est la question du terrorisme qui semble menacer nos frontières par le Nord. Quel est le niveau d’implication de votre structure pour protéger le pays ?

Je me donne l’occasion de saluer l’action du gouvernement avec à sa tête le Premier ministre, Patrick ACHI et particulièrement le ministre d’État, ministre de la Défense Téné Birahima OUATTARA , qui fait un travail remarquable. Le vaste programme spécial d’insertion des jeunes des régions frontalières des pays en proie au terrorisme lancé en janvier 2022 paye.

Nos actions dans ce programme consiste à sensibiliser et à faire adhérer toutes les communautés dans ce combat contre le terrorisme. Certes nous ne sommes pas en première ligne. Mais nous y sommes engagés.

Les régions du Nord ivoirien, notamment le Nord-Est est confronté à l’afflux de réfugiés qui fuient le terrorisme au Burkina Faso et au Mali. Quel est votre appréciation de cette question ?

C’est une situation regrettable. Cela montre bien que la lutte contre ce phénomène transcende les frontières et qu’il est plus qu’urgent que les tous les pays intensifient leur collaboration. On voit bien qu’au-delà des morts et blessés, ces populations, forcées à fuir, vivent une situation difficile. Et même celles qui les accueillent en subissent les conséquences puisqu’elles doivent partager avec eux, au nom de l’hospitalité et la solidarité, leur logement et leur nourriture. Cela fait des charges de plus sur les populations locales.

Justement le gouvernement ivoirien a décidé de reloger ces populations vulnérables. Une action humanitaire qui ne va pas sans susciter débat…

Je crois qu’il faut remercier le gouvernement. Au nom de l’UGN, je rends hommage au président de la République, SEM Alassane Ouattara, pour cette initiative humaniste. Par cette action, le gouvernement soulage les populations d’accueil qui ne seront plus obligé de partager avec leurs hôtes leur logement.

Les détracteurs de cette décision avancent que le gouvernement devrait plutôt se soucier des millions d’Ivoiriens qui peinent à se loger plutôt que de construire des logements pour des gens qui viennent d’ailleurs…

Cette analyse me parait dénuée de tout sentiment humaniste. Et c’est regrettable. Je crois qu’il faut regarder la vulnérabilité de ces milliers d’âmes qui dorment, pour la plupart, à la belle étoile et qui ne savent pas où partir. Notre pays est une terre d’hospitalité et cela est une bénédiction pour nous. Et comme le dit l’adage « ça n’arrive pas qu’aux autres ». 

Aussi avons-nous des ivoiriens qui ont quitté leur pays lors de la crise post-électorale de 2011 pour des pays frères. Ne l’oublions pas. Par ailleurs cette mesure soulage un tant soit peu les familles d’accueil. 

Vous me donnez l’occasion d’en appeler au bon sens et à la solidarité qui caractérise notre nation.

Il y a également le défi de l’orpaillage illégal, certes en Côte d’Ivoire, mais qui semble plus prononcé dans plusieurs zones du Nord. Avez-vous une solution pour y mettre fin ?

C’est un problème national. Au-delà des terres que cela dégrade, il y a toutes ces pollutions qui mettent en danger les populations. Heureusement, le gouvernement, à travers le ministre des Mines et de l’Energie, qui est également membre de l’UGN, a promis prendre les choses en main. Bien entendu en mettant l’accent sur la sensibilisation. Nous, nous sommes prêts à l’accompagner dans cette mission.

Votre action est inscrite dans le cadre du développement local. Avez-vous un plan de collaboration avec les collectivités territoriales ?

Absolument. D’autant que toutes ces structures décentralisées sont le prolongement du pouvoir central. Nous espérons après ces élections municipales et régionales qui viennent de se dérouler, nouer des relations plus étroites avec les maires et président du conseils régionaux du Grand Nord pour travailler de concert pour le développement dans ces localités.

Ténin Bè Ousmane

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