LE KARITÉ : UNE SPÉCULATION QUI TALONNE LE COTON ET L’ANACARDE

Economie Filière Le grand nord

Comme le coton et l’anacarde, la filière karité s’impose de plus en plus dans les région du nord de la Côte d’Ivoire. 

Samedi 2 décembre 2023. Korhogo. Nous sommes à Petit-Paris 2. Sur ce site de production de beurre de karité les femmes de la Coopérative Tchéregnimin font tourner leur moulin de broyage d’amande. Tchérignimin regroupe 150 femmes, selon la secrétaire générale, Mariam Yéo.

Grâce à un financement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’Agriculture (FAO), ces femmes de Tchérignimin ont amélioré leur gouvernance. Elles disposent en effet de  sept foyers modernes, de deux fours électrique, d’un magasin de stockage, puis d’un bureau de secrétariat.

Le beurre de karité qui est le produit fini est revendu à des particuliers, soit à des grossistes. « Le prix varie selon les périodes. Aujourd’hui, nous vendons le kilogramme à 1200 F CFA », explique l’une des sociétaires qui se rejoui de l’évolution du prix depuis ces deux dernières années et du suivi dont elles continuent de bénéficier des partenaires.

L’an dernier, la Première Dame de Côte d’Ivoire leur a actroyé un financement et les a renforcé en équipement…

Dans le grand Nord de la Côte d’Ivoire le karité se positionne de plus en plus comme une véritable filiére. Et bien d’opérateurs s’implantent même pour en tirer le meilleur profit de cet or. Ils tentent d’adapter une organisation similaire à celle du coton. 

Une structure américaine a déployé des animateurs et conseiller agrocoles dans les villages pour regrouper et organiser les femmes pour le ramassage des amandes. «  Elle a identifié ces femmes, leur apporte l’assistance nécessaire pour faciliter le ramassage et reviennent leur racheter les amandes.

« Ces structures nous mènent une concurrence terrible », notre interlocutrice de la coopérative Tchérignimin.

« Nous achetons le sceau ( environ 20 kg) à 4000 F CFA cette année. L’année dernière, c’était 3000 F FCA  », explique la présidente de la Coopérative, Yéo Mariam. Expliquant que les prix du kilogramme bord champ se négocie dans les villages réculés à des prix plus bas. 

A Diawala, chef-lieu de sous-préfecture du département de Ouangolo, le kilogramme se négocie autour de 200 F CFA. « Ici les femmes produisent leur huile de façon traditionnelle. Et le kilogramme de beurre de karité est de 700 F CFA », explique Zana Ouattaara, acheteur de produit dans cette ville. 

C’est depuis fin mai, dans les savanes arborées du nord de la Côte d’Ivoire, que les précieuses noix de karité commencent à tomber par dizaines au pied des grands arbres sauvages. Durant deux mois, les milliers de femmes effectuent la collectent des petits fruits verts.

Sous la pulpe, la noix marron renferme l’amande blanchâtre qui, une fois transformée, donne ce précieux beurre très prisé sur les marchés locaux et internationaux. Cela pour ses multiples vertus cosmétiques, thérapeutiques et même alimentaires. 

La transformation assure de plus en plus un revenu important aux femmes. Mais également aux opérateurs qui investissent dans la filière. 

Les noix sont cuites, puis séchées deux semaines au soleil, avant d’être concassées, soit contre une grosse pierre au village, soit dans des ateliers artisanaux. 

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