« LE NIVEAU SCOLAIRE NE PEUT SE RELEVER SANS LA LECTURE », SANOGO SOUNGALO (JOURNALISTE-ECRIVAIN)

Culture

Le journaliste-écrivain Sanogo Soungalo était l’une des attractions du Salon international du livre d’Abidjan (SILA) 2024. Ce jeune auteur de plusieurs œuvres dont L’Homme au parfum de charognard s’est prêté aux question Savane Infos ce samedi 18 mai 2024, au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody.

Vous avez publié votre dernier livre, L’Homme au parfum de charognard, il y a quelques mois. De quoi s’agit-il ?

C’est une œuvre de fiction. L’histoire se déroule quelque part en Afrique. Suite à une marche politique pour s’opposer à un troisième mandat du Chef de l’État sortant, les choses dégénèrent et des manifestants incontrôlés parviennent à pénétrer dans l’enceinte du Palais présidentiel. La Garde républicaine charge et à la fin, on se retrouve avec un charnier. Pour minimiser le drame, le véritable nombre de morts est caché. Parmi les corps qui ont été dissimulés, hélas, il y en a un qui va poser problème. Donc, l’histoire commence à partir de là. Le roman débute lorsque la marche est finie. C’est la suite qui est intéressante, c’est-à-dire, l’enquête qui va être menée par un procureur militaire qui s’appelle Raphaël Largaton. 

Pourquoi ce titre si énigmatique, L’Homme au parfum de charognard ?

Parce qu’au-delà de l’intrigue, c’est une histoire qui nous emmène dans les tréfonds de la bassesse humaine. La facette que nous montrons de nous à la lumière ; ce que nous vous voulons cacher aux autres ; ce nous ne pourrions jamais être. Ici, c’est au lecteur de se faire sa propre idée du bien et du mal. 

L’Homme au parfum de charognard est donc un personnage du livre…

En quelque sorte. Mais, peut-être pas comme vous l’auriez imaginé. J’ai toujours tendance à faire cette analogie : si je vous dis que vous êtes un charognard, vous saisissez où je veux en venir. Mais si je vous dis que vous sentez comme un charognard, est-ce que cela signifie que vous êtes nécessairement un charognard ? C’est au lecteur de me dire à fin du livre, qui est-ce qu’il désignerait comme l’Homme au parfum de charognard.

Vous êtes à votre troisième livre. Quels sont les deux premiers ouvrages ?

Le premier a été publié chez les éditions Balafons, en 2016. Le titre c’est Le Corbeau. Le second est paru en 2018 chez Vallesse Editions : Il faut sauver Marlyne. Ce même livre a été manuscrit d’or en 2009. C’est un concours que Vallesse Editions organise chaque année pour déceler les jeunes talents. C’est près de dix ans après que le roman a été publié. Il a par ailleurs été retenu par le Lycée Sainte-Marie de Cocody, il y a 3 ans, pour les classes de troisième. L’année suivante, le groupe scolaire Daniélou à la Riviera, l’a retenu pour les classes de 4ème et de 3ème

Vous avez été consacré meilleur journaliste de Côte d’Ivoire en 2022, comment analysez-vous votre carrière d’écrivain ?

J’ai débuté dans l’écriture après m’être essayé à des concours sur le plan national. C’est ainsi que j’ai reçu le deuxième prix du concours de nouvelles UNFPA en 2007, le manuscrit d’or Vallesse Editions en 2009, le deuxième prix du concours de nouvelles du Centre Danois pour les refugiés en 2010. Cela m’a conforté dans l’idée que je pouvais faire une bonne carrière dans l’écriture. Et c’est ce que je m’attèle à faire.

Vous êtes au Salon international du livre d’Abidjan (SILA). Comment avez-vous jugé le niveau de cette édition?

L’année dernière, au SILA, j’avais exposé au stand de la Librairie de France. Cette année, j’ai exposé le premier et le troisième jour, au stand de Vallesse Editions. Je dois dire que le niveau était beaucoup plus élevé. J’ai vendu plus de livres que pendant les autres éditions. Et je pense que chaque écrivain qui était présent, peut en dire autant. En plus, le Chef de l’Etat et la Première Dame étaient là, le troisième jour, pour visiter les stands. C’est une première. 

Que pouvez-vous dire sur le livre en Côte d’Ivoire ?

Simplement qu’il y a de plus en plus une prise de conscience. Le niveau scolaire en Côte d’Ivoire ne peut se relever qu’à travers la lecture. Tout le monde est unanime là-dessus. Et, que ce soit au niveau des autorités, des établissements ou des parents, on assiste à une implication plus significative de chacun dans la promotion du livre. Il faut juste continuer sur cette voie, car le livre gagne du terrain. 

Ténin Bè Ousmane

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